APOLLINE D’ALEXENDRIE – Par Eliane Olibe

Apolline d’Alexandrie

par

Éliane Olibe


Sainte Apolline ou Apollonia est morte à Alexandrie (Égypte) en 249.

On la fête le 9 février.

Le récit du martyr d’Apolline est tiré d’une lettre de Denys, évêque d’Alexandrie (mort en 265), à Fabien, évêque d’Antioche.

Un peu d’histoire :

              Sainte Apolline vivait à Alexandrie. Fille d’un magistrat, elle faisait partie d’un groupe de vierges consacrées. Elle était déjà âgée à l’heure de sa mort.

              Philippe l’Arabe, qui régna de 244 à 249 avait une attitude bienveillante à l’égard des chrétiens. A tel point qu’il confiait des responsabilités administratives à des évêques. Il périt en 249dans une bataille contre le général Dèce qui se proclama empereur et régna de 249 à 251 sous le mon de Decius. Il fit arrêter les chefs de l’Eglise et martyrisa le pape Fabien en janvier 250.

              Dans ce climat peu favorable à la religion chrétienne, une révolte éclate à Alexandrie en 249. Des païens pillèrent les maisons des chrétiens et lapidèrent plusieurs fidèles sans l’appui des autorités.

              Eusèbe de Césarée, historien et évêque en 313 relate dans son Historia ecclesiastica deux lettres de l’évêque Denys d’Alexandrie.

Dans la première : les émeutes de 249 :

« Prenant les devants le prophète et l’artisan des maux dans cette ville, quel qu’il fut, mit en mouvement et souleva contre nous les foules de païens en ranimant leur ardeur pour la superstition. Excités par lui et ayant confisqué tout pouvoir, ils se mirent à penser que le culte des démons qui consistait à aimer le carnage, était la seule religion (…) Ensuite, ceux qu’ils connaissaient, les voisins, ils les emmenèrent, les volèrent et les pillèrent. Les objets les plus précieux de leurs trésors étaient dérobés ; les objets sans grande valeur et ceux qui étaient faits en vois étaient jetés et brûlés sur les chemins, de manière à donner le spectacle d’une ville prise sur les ennemis. Les frères se détournaient et s’enfuyaient et supportaient avec joie le pillage de leurs biens, comme ceux à qui Paul a rendu témoignage. Et je ne sais si quelqu’un sauf peut-être un qui est tombé entre leurs mains, a jusqu’à présent renié le Seigneur. »

              Apolline fut donc tuée ainsi que d’autres lors d’une de ces émeutes, en cette année 249.

Dans la seconde lettre, Denys d’Alexandrie décrit la scène :

« Ils se saisirent aussi d’Apolline qui était alors une vierge âgée et très admirable : après avoir fait sauter toutes ses dents en frappant ses mâchoires, ils construisirent un bûcher devant la ville et menacèrent de la brûler vivante si elle ne prononçait pas avec eux, les formules de l’impiété. Elle s’excusa brièvement, puis, s’étant un peu reculée, elle se lança vivement dans le feu et fut consumée. »

              Saint Augustin justifie le caractère suicidaire de la fin de la sainte (rappelons que le suicide est interdit par l’Eglise) par l’obéissance à la volonté de Dieu.

              Bien que son culte fut antérieur il faut attendre le IXème siècle pour vous Apolline apparaître sur le martyrologue (calendrier des saints) Apolline fut enfin canonisée en 1634.

Attributs et iconographie :

              On la représente souvent avec une paire de tenailles, et parfois les dents qui lui furent arrachées, ainsi qu’avec la palme du martyre.

              A la chapelle Houssaye, près de Pontivy – Morbihan – on peut admirer une sculpture bretonne sur bois du XVIIème siècle la représentant entourée par ses bourreaux.

              Elle est la patronne des chirurgiens dentistes et dentistes.

              Elle est invoquée contre les maux de dents.

              Elle est fêtée le 9 février.

Dicton :

Jour de sainte Apolline renfrogné, c’est trois beaux mois qu’elle nous a gardés.

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